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dimanche 21 octobre 2018

Le jeu, travail de l'enfant

"Le jeu est le travail de l'enfant" Maria Montessori

Pour commencer cet article, une petite question : 

Quels sont vos souvenirs d'enfance?

Je me souviens de la première fois que j'ai fait du vélo sans les petites roues, de l''ambiance joyeuse qu'il y avait à chaque fois qu'on allait dans la famille de nos amis, des parties de cartes autour de la grande table chez mamie, du sourire de maman qui m'accueillait quand je rentrais de l'école, de ce Couscous parfait que cuisinait mon papa.

Généralement, l'on se souvient d' activités, de ce que nous avons fait.
De l’ambiance, de l' expression d'un visage, d'une partie de jeu, de rituels de famille, de ce que l'on a mangé.
Rarement de ce que l'on nous a dit, ou enseigné en parlant.
Je me souviens parfaitement du ton employé par mon pasteur, de ces gestes, de l'expression de son visage lorsque j'écoutais ses sermons,  mais le contenu....pas tellement. 
Je me souviens aussi de cette prof de science qui a déposer un rayon de miel dans la classe que l'on venait déguster avec nos règles alors qu'elle nous parler des insectes pollinisateurs. J'ai même retenu la leçon !

Vous n'êtes pas sans savoir que nous retenons :
10 % de ce que nous lisons…
20 % de ce que nous entendons…
30 % de ce que nous voyons…
50 % de ce que nous entendons et voyons…
80 % de ce que nous disons…
90 % de ce que nous faisons!

Quel rapport avec les jeux ?

La bible nous dit : " Ne vous borner pas à écouter la parole mais mettez là en pratique". Jacques 1-22
Nous faisons souvent face à un déséquilibre à ce niveau. Nous sommes habitués à devoir beaucoup écouter mais peu entraînés à agir et mettre en pratque.

En pensant à la jeune génération,  j'aimerais rapprocher les jeux de cette mise en pratique de la parole.
Envisageons la possibilité de considérer le jeu comme une phase d'entraînement.
Les actions de jouer, tester et expérimenter comme étant la partie pratique du discipulat.

Pourquoi ?

"Le jeu est partout. Il semble impossible d'imaginer qu'on puisse un jour découvrir un groupe humain dans l'existence duquel l'activité de jeu serait totalement absente. Les jeux sont des constantes de culture dont les formes peuvent varier d'une aire culturelle à une autre. Mais, par-delà cette diversité infinie, l'universalité du jeu le désigne comme un élément fondamental de la condition humaine. Le jeu est un invariant humain." (1)
 
Le jeu est reconnu comme une activité humaine universelle, c'est dire si Dieu l'a inscrit dans nos gènes!Il est d'ailleurs le plus simple des langages. Nous savons aussi qu'il s'agit du mode de communication le plus fort avec les enfants. Il est donné comme la manière la plus naturelle d'apprendre.
En psychologie, on distingue quatre apprentissages fondamentaux acquis en jouant :

1-Le savoir : le jeu avec l’adulte est une occasion unique d’apport de connaissances dans tous les domaines.
2-Le savoir-faire : la pratique, la mise en œuvre et le geste.
3-Le savoir-être : apprentissage d’un comportement lui permettant de s’intégrer dans la société.
4-Le vouloir-faire : sans motivation, il ne peut y avoir d’apprentissage ou d’évolution.

Les enfants expérimentent par le jeu et la capacité à essayer et à risquer des choses dans un univers sécure. Ce faisant, ils deviennent des adultes capables de gagner, de perdre, de recommencer, de comprendre qui ils sont, de connaître leurs forces, leurs faiblesses et leur besoin de coopérer.
Le sport, les jeux, les défis permettent celà. C’est un entrainement à la vie.
Finalement, le jeu produit une condition essentielle à la croissance spirituelle : la motivation sereine à expérimenter Dieu.
Il s’agit de la partie pratique d’un enseignement. Si nous remplissons seulement la tête des enfants et ados de règles et de préceptes, aussi bons soit-ils, face aux situation concrètes de la vie, ils resteront paralysés et incapables d’agir.

C’est pourquoi Jesus enseignait ses disciples directement sur le terrain.
Nous voyons Jésus qui dort dans les flots déchainés, les démons impossibles à chasser, la pêche qui ne fonctionne que d'un côté du bateau, la pièce que Pierre a dû aller chercher dans la bouche d'un poisson, Jésus qui dit avoir vu Satan tomber du ciel comme un éclair (on dirait un jeu vidéo!)  Ces phases d'entrainement sont venues scellés l’enseignement de Jésus.

Chez nos jeunes, c'est d'abord au travers du jeu relationnel que se dégage l'assurance et la motivation pour vivre des expériences plus concrètes avec Dieu. Puis, finalement, ces expériences vécues leur donne une meilleure connaissance de Dieu et l'envie d'obéir à sa parole de tout leur coeur.

Ne confondons pas...

Je souhaite ici mettre en parallèle "jeu" et "divertissement".
Quelle différence ?
Etymologiquement le mot "jeu" signifie : action ou propos légers, qui ne prête pas à conséquences.
Nous sommes bien dans une conception d'entraînement.
Le mot "divertissement", par contre signifie : ce qui détourne l'être humain des problèmes essentiels et de ses soucis. 
Le philosophe Pascal pousse même un peu plus loin : ce qui détourne l'être humain de Dieu.
Selon cette définition, les divertissements nous conduisent clairement à remplacer Dieu par autre chose ou à ne pas prendre nos responsabilités dans la vie.
J'aimerais simplement souligner que tous les jeux ne sont pas forcément constructifs et qu'ils doivent être bien choisis dans leur objectif.
Concrètement, dans nos discussions, nous employons ces deux termes pour signifier la même chose. Ce qui peut porter à confusion, ouvrant la porte au dualisme et à la séparation entre le spirituel et le naturel. 
 A ce propos, j'ai entendu quelqu'un formuler un crédo interessant pour sa famille:
" Je veux plus de naturel dans nos moments spirituels et plus de spirituel dans nos moments naturels".


Ne rentre pas dans son jeu !

C'est une phrase que l'on peut nous conseiller en matière d'éducation. Elle est plutôt utile lorsque nos enfants "nous utilisent" pour arriver à leur fins. Non la fin ne justifie pas les moyens.
Mais parfois cela peut se révéler bien formateur de rentrer dans leur jeu justement.
Une fois, un de nos enfants s'est mis à lécher son assiette à la fin du repas. Dans notre famille, ce n'est pas autorisé. Nous l'avons donc repris plusieurs fois. Un jour, il s'est remis à lécher son assiette à dessert (un bon millefeuille !).
Nous avons simplement mis son assiette par terre et lui avons demandé de rester au pied de la table. Puis nous avons mimé un petit chien. Il a rit (à moitié) et n'a pas voulu rester une minute de plus au sol. Il ne reléchera pas son assiette de sitôt !
Une autre anecdote : c'est l'histoire d'un petit garçon qui venait de devenir un grand frère. Il devenait un peu jaloux et voulait redevenir un bébé. Il avait même redemander sa sucette. Ses parents devait gérer de belles crises. Un moment donné, ils ont décidé de le considérer vraiment comme un bébé. A table, le petit garçon avait sa sucette et la maman avait préparé un bon gâteau au chocolat. Le petit garçon se manifesta pour en avoir, mais la maman lui répondit que ce n'était pas pour les bébés et que sa sucette lui suffisait à son âge, comme c'était le cas de sa petite soeur. Il n'a pas fallut longtemps pour que le petit garçon lâche sa sucette et veuille redevenir un grand !


Le jeu induit l'expérience qui transforme l'information en éducation et l'instruction en formation.



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(1) Jeux et sports,1967, p. 1157.

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